À tout âge, il existe un moment décisif qui marque une carrière.
Article de Guy O’Bomsawin, Autosphere Mag
Pour Gabriel Roubeiz, propriétaire de CARSTAR Dorval et récipiendaire du prix Recrue de l’année 2025, ce moment a été sa découverte du monde de l’automobile.
Les débuts
Né au Caire d’un père libanais et d’une mère d’origine italienne, M. Roubeiz est arrivé à Montréal à l’âge de quatre ans, en 1966 — l’époque de l’Expo 67, du nouveau métro et des rêves olympiques. Bien qu’il ait étudié en marketing, en gestion et en science politique à l’université, et qu’il ait pratiqué le sport à un niveau compétitif, c’est la culture automobile des années 1980 qui l’a attiré. À cette époque, il suffisait de se présenter chez un concessionnaire pour décrocher un emploi, et le jeune immigrant n’hésita pas à franchir ce pas.
Un choc culturel
Séduit par la Cougar de Ford, une voiture emblématique, il se présente chez un concessionnaire avec les cheveux longs, des chaînes voyantes au cou et une cigarette à la main. Il se retrouve dans un milieu dominé par des vendeurs en complet-cravate, cheveux courts et aux attitudes conservatrices. Le choc fut immédiat et la transformation rapide : Gabriel Roubeiz adopte aussitôt une tenue plus classique et la discipline nécessaire pour réussir. Après six ans dans le monde des concessions, il accepte un poste de gestion chez un manufacturier d’accessoires GM à Windsor, en Ontario, où il visite les concessions à travers le Canada et représente la marque dans les salons automobiles.
Street Force et la vie de famille
Pendant plus de dix ans, M. Roubeiz fait la navette entre Montréal, Windsor et Mississauga. Mais avec deux jeunes filles à la maison, ce rythme n’était plus compatible avec la vie de famille. Avec son épouse Caroline Habib, il fonde Street Force à Saint-Laurent, une entreprise spécialisée dans les accessoires de performance et les éditions spéciales, très en vogue à l’époque. Du Sunfire au Grand Am en passant par le Silverado, Street Force installe capots, ailerons, marchepieds, autocollants et ensembles complets. Le couple parcourt même les salons automobiles du pays — poussette en main — alors que la famille s’agrandit avec la naissance d’un fils.
« Ces dix années, comme indépendant, ont été les plus difficiles de ma vie » se souvient le carrossier. « Il fallait tout faire : développer les ventes, trouver de nouveaux produits, acheter l’équipement et bâtir une équipe. »
Virage vers la carrosserie
À la fin des années 2000, M. Roubeiz pressent un ralentissement du marché des accessoires. Il choisit avec clairvoyance de se tourner vers la réparation de carrosserie, au moment où la technologie des véhicules évoluait rapidement.
Après avoir fait partie de deux autres réseaux, il opte pour CARSTAR en 2024. Or, dès la première année, sous l’enseigne CARSTAR Dorval, le centre enregistre une croissance de 15 %.
Bâtir une équipe et une culture
Pour Gabriel Roubeiz, la réussite repose autant sur les personnes que sur l’équipement. « Pour attirer des techniciens de talent, il faut le meilleur matériel. Mais bâtir une équipe, c’est l’aspect le plus difficile de ce métier », dit-il. Aujourd’hui, trois membres de son équipe sont à ses côtés depuis plus de 15 ans — preuve de la valeur de sa culture familiale.
Son équipe de 15 employés œuvre dans un atelier de 11 000 pi² équipé pour le soudage, le redressement et le calibrage des systèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS).
« Nous voulons créer un environnement où les techniciens se sentent bien pour exercer leur passion », explique-t-il. « Notre équipe vient des quatre coins du monde, et c’est notre plus grande fierté. »
En septembre 2025, Gabriel Roubeiz reçoit officiellement le prix CARSTAR Recrue de l’année, aux côtés de son épouse Caroline, des mains de Sabrina Thring, présidente de CARSTAR, Rémi Michaud, directeur de CARSTAR Québec, et Dave Foster, vice-président Développement.
Le service avec coeur
Pour Gabriel Roubeiz, le service client est aussi essentiel que la réparation. « Rien ne quitte l’atelier sans être parfait, » insiste t-il. Cela inclut d’essuyer une empreinte oubliée, de corriger le plus petit détail sur place, ou d’offrir des cahiers à colorier et d’autres cadeaux CARSTAR aux enfants.
Le téléviseur de la salle d’attente diffuse uniquement des émissions de cuisine, jamais les nouvelles ou le sport, afin de créer une ambiance sereine. Et lorsqu’il se détend, le carrossier préfère la musique classique, bien que ses goûts soient variés. Au 691, avenue Lépine à Dorval, à deux pas de l’aéroport et de l’autoroute de la Côte-de-Liesse, CARSTAR Dorval s’est bâti une réputation d’accueil chaleureux et de professionnalisme.
À 63 ans, Gabriel Roubeiz n’envisage pas la retraite. « Le présent est trop motivant », dit-il avec le sourire. La famille reste au cœur de son parcours, de ses racines libanaises et italiennes jusqu’aux attaches de la famille de son épouse Caroline à Shawinigan. Son arrière-grand-père a contribué au développement agricole du canal de Suez; M. Roubeiz, quant à lui, bâtit des équipes et des entreprises avec le même esprit de pionnier.
« J’ai été béni d’avoir une épouse aimante, des enfants merveilleux et une carrière qui me passionne, et rien ne me réchauffe plus le cœur que de traiter chaque client comme un membre de la famille. »

